Les Assises organisées en ce mois de janvier 2026 à Dakar par l’ONG ACCA revêtent une importance considérable ; d’abord, du fait de l’état actuel du monde, passé dans les deux dernières années du désordre au chaos. Allons à l’essentiel : le président Trump veut arraisonner l’hémisphère occidental ; l’immense masse eurasiatique suscite des corridors de circulation et d’échanges lui assurant l’autonomie. Restent l’Europe occidentale et l’Afrique qui, pour conserver leur pertinence à l’horizon 2030, devront se doter des moyens d’exister, de se renforcer. Pour l’Afrique, bien sûr, cela tient d’abord à assurer la paix et la tranquillité des nations qui la composent. Partout et toujours, le désordre est le pire ennemi du développement et de l’éducation ; partout et toujours, les ferments du crime, de la corruption et de l’anarchie fragilisent les États, interdisent tout effort prolongé vers, d’abord, la paix civique ; ensuite et surtout, vers le progrès de l’économie et l’enrichissement du domaine social et de la santé publique.
Ainsi ce qu’ACCA a parfaitement vu et diagnostiqué le crime organisé et sa variante, le terrorisme, sont-ils l’ennemi principal de l’émancipation de l’Afrique ; de tout ce qui lui permettra, dans les décennies à venir, de tenir son rang dans un monde hélas chaotique.
Or à chaque période du monde contemporain, on sait qu’à l’échelle mondiale, le crime organisé prolifère et s’aggrave en usant d’un carburant majeur ; un moment, ce fut le trafic des êtres humains (bien sûr, cela persiste) ; puis le trafic de l’héroïne ; ce carburant est aujourd’hui la cocaïne, drogue qui, littéralement, rend fou le monde criminel. Songeons que pour l’Europe, le profit réalisé sur la vente d’une tonne de cette drogue, une seule, procure un profit de vingt-cinq à vingt-huit millions d’Euros !
C’est cela qui fait qu’aujourd’hui, ces criminels corrompent, menacent, intimident et tuent.
Où en est-on ? Pour le trafic de cocaïne, à la veille d’une inondation sans précédent. Depuis deux ans désormais (dit l’ONU) plus de QUATRE CENT MILLE hectares sont plantés en coca, dans le cône nord de l’Amérique du Sud et désormais, d’Amérique centrale ; en 2025, la production de Chlorhydrate de cocaïne dépasse QUATRE MILLE tonnes ; plus trois-cent-trente pour cent de cocaïne produite de 2014 à 2024.
Or regardons une carte du monde : livrer ces tonnes de cocaïne de l’Amérique latine à riche Europe – demain, à l’encore plus riche secteur Moyen Orient péninsule arabe et Golfe – passe forcément par l’Afrique – où que ce soit sur ce continent ; par les territoires africains, ou par les océans et mers qui l’entourent. Ce n’est pas une menace lointaine et diffuse : déjà ces routes criminelles existent et déjà, des entités criminelles puissantes et bien organisées disposent de tous les moyens d’assurer un immense trafic planétaire :